La photographie et la mort (Boltanski, Barthes)
“Boltanski évoque d’une manière saisissante la relation analysée par Roland Barthes, dans La chambre claire, entre la photographie et la mort : “D’un corps réel qui était là, sont parties des radiations qui viennent me toucher, moi qui suis ici, peu importe la durée de la transmission photographique de l’être disparu, elles viennent me toucher comme les rayons différés d’une étoile”. […]
La photographie est, selon Barthes, profondément déictique, tautologique. Elle ne fait que montrer et n’appelle que la seule chose qu’on voit. En outre, à l’inverse des références souvent chimériques de la peinture ou du discours, le référent photographique (les Suisses) a lui nécessairement “été là”. En choisissant la photographie, Boltanski pointe donc l’existence, la vie des Suisses ; ce qui contribue forcément à accentuer dans un second temps leur mort. La photographie et le travail artistique se font ainsi invisibles dans cette oeuvre ; on ne voit que leur référent.”