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La disparition / O desaparecimento
Image curieuse, que celle de saisir le bonheur de se retrouver dans un tiers espace médiatisé forcément par l’iPod, forcément. Faut-il qu’ils soient si réellement désespérés pour simuler le bonheur ?
Imagem estranha, aquela de captar a felicidade de encontrar-se num terceiro espaço mediatizado pelo iPod, forçosamente.
Jean Baudrillard, Simulacros e simulação, Holograma, p.133 :
“É a fantasia de captar a realidade ao vivo que continua - desde Narciso debruçado sobre a sua fonte. Surpreender o real a fim de o imobilizar, suspender o real ao mesmo momento que o seu duplo. Debruçamo-nos sobre o holograma como Deus sobre a sua criatura: só Deus tem esse poder de passar através da paredes, através do seres, e de se reencontrar imaterialmente para além deles. Sonhamos passar através de nós próprios: no dia em que o nosso duplo holográfico estiver lá no espaço, eventualmente mexendo-se e fanlando, teremos realizado este milagre. Claro que já não será um sonho, logo o seu encanto ter-se-á perdido.”
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« On dit que le réel disparaît sous la profusion des images, mais on oublie que l’image elle-même disparaît sous le coup de la réalité. La violence qu’exerce l’image est largement compensée par la violence faite à l’image: son exploitation à fin de documentation, de témoignage, de message, sa production à des fins morales, pédagogiques, politiques, publicitaires Images vassales de tous les dispositifs idéologiques, et qui témoignent d’un désaveu profond du réel, en même temps que d’un désaveu de l’image, assignée à représenter ce qui ne veut pas l’être, assignée au viol du réel par effraction. Tel est le meurtre de l’image, sous le coup de ce qui est inutilement visible et chargé de sens, sans nécessité, sans secret et sans désir, de tout ce qui usurpe l’espace si rare et si précieux des apparences. La photo, c’est aussi le clin d’œil de la mort dans l’histoire de Samarkande. Celui du rendez-vous raté avec la réalité, par préférence peut-être pour l’image elle-même. Ne préférons-nous pas n’importe quel univers parallèle à l’univers réel ? N’importe quelle double vie à celle qui nous est donnée? L’image est un univers à deux dimensions. Elle a son entière perfection en elle-même et ne manque nullement d’une troisième. C’est au contraire, cette dimension de moins qui fait son charme et son génie propre. Faire d’un projet une image, c’est lui ôter toutes ses dimensions une à une: le poids, le relief , le parfum, la profondeur, le temps, la continuité et bien sur, le sens. C’est au prix de cette désincarnation que l’image prend cette puissance de fascination, qu’elle devient médium de l’objectalité pure, et d’une séduction plus subtile. Rajouter toutes ces dimensions une à une, le relief, le mouvement, l’émotion, l’idée, le sens et le désir, pour faire mieux, pour faire plus réel, c’est à dire mieux simulé, est un contresens total et une violence faite à l’image. Il faut donc soustraire, toujours soustraire pour retrouver l’image à l’état pur. La soustraction fait apparaître l’essentiel, à savoir que l’image est plus importante que ce dont elle parle, tout comme le langage est plus important que ce qu’il signifie.»
Autoportraits - Jean Baudrillard (site : photographie.com)
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“L’image, au XIXe et le XXe siècles, témoigne du réel. Comme le disait Nadar au moment de l’invention de la photographie, elle est le reflet du miroir.
Or l’image des technologies du numérique n’est plus du tout appelée à témoigner du réel, mais à créer une autre réalité, à créer ce qu’on appelle une réalité virtuelle.”
Le virtuel ? Un nouvel âge du réel !
Une interview de Serge Tisseron sur le rapport des jeunes aux nouvelles technologies.
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“Boltanski évoque d’une manière saisissante la relation analysée par Roland Barthes, dans La chambre claire, entre la photographie et la mort : “D’un corps réel qui était là, sont parties des radiations qui viennent me toucher, moi qui suis ici, peu importe la durée de la transmission photographique de l’être disparu, elles viennent me toucher comme les rayons différés d’une étoile”. […]
La photographie est, selon Barthes, profondément déictique, tautologique. Elle ne fait que montrer et n’appelle que la seule chose qu’on voit. En outre, à l’inverse des références souvent chimériques de la peinture ou du discours, le référent photographique (les Suisses) a lui nécessairement “été là”. En choisissant la photographie, Boltanski pointe donc l’existence, la vie des Suisses ; ce qui contribue forcément à accentuer dans un second temps leur mort. La photographie et le travail artistique se font ainsi invisibles dans cette oeuvre ; on ne voit que leur référent.”
“ça a été”, Ch. Boltanski
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Quand l’homme ou la femme disparaît derrière la technologie, et se félicite de sa propre disparition.
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